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jeudi 1 juin 2017

L’école aux Philippines



Aux Philippines, l'école est obligatoire jusqu'à 12 ans
En principe gratuite, les différentes contributions, uniforme et fournitures, coûtent très cher et limitent son accès
L'année scolaire se divise en deux semestres : de juin à octobre et de novembre à mars. Le cursus est partagé en 3 parties :
La maternelle : pour les 4-6 ans
L'école primaire pour les 6-11 ans (6 classes)
L'école secondaire pour les 12-16 (4 classes)- high school

Les répartition des niveaux est la même que dans le système anglo-saxon. Voici la correspondance avec le système français :

âge des enfants
niveau français
niveau philippin (depuis 2011)
5
Grande Section
Kindergarten
6
CP
Ecole élémentaire
grade I
Elementary school
7
CE1
grade II
8
CE2
grade III
9
CM1
grade IV
10
CM2
grade V
11
6ème
Collège
grade VI
12
5ème
HS year 1
Junior
High School
13
4ème
HS year 2
14
3ème
HS year 3
15
2nde
Lycée
HS year 4
16
1ère
HS year 5
Senior High School
17
Terminale
HS year 6
 

A l'école primaire, les élèves sont proches de 50 par classe, quel que soit le niveau. 
Le local a la même taille taille qu’une classe française, mais avec le double d’élèves ! 
Les enfants ne travaillent pas sur des tables, mais avec leur chaise qui a un accoudoir élargi.


Comme il n’y a pas assez de locaux, il y a deux groupes d’élèves qui se succèdent dans la journée : la moitié des élèves a cours de 6h à 12h avec des profs, puis l’autre moitié a cours de 12h à 18h avec d’autre profs, dans le même local. Il y a 7 cours de 50 minutes, avec 20 minutes de « Recess »  (= « pause ») entre le 4ème cours et le 5ème.
Intéressant de noter que quand on pose cette question aux enfants des maisons : 
« What’s your favourite subject ? », la réponse la plus fréquente (et de loin!) est :  « Recess ! »
Au moins, ça leur fait un point commun avec les petits Français…


En grade I, les élèves n’ont qu’un seul prof, qui enseigne toutes les matières.
En grade II et III, les élèves ont 2 ou 3 professeurs.
En grade IV, une même classe a 4 professeurs différents. Un professeur enseigne en gros 2 matières, par exemple maths+sciences,  tagalog+english.

Chaque groupe-classe porte un nom de valeur : Honesty, Kindness, Fidelity, Cleanliness, Courage, Humility…
Pour les Grade 1 (CP), ce sont des noms de fleurs: section Rose, section Lily, Section Tulip,...
Pour les maternelles, c'est encore plus exotique: section Jasmine, section Snow White, section Sleeping Beauty, section  Cinderella, section Belle, section Ariel. 

Raté les mecs! Pas de "section Cars"!

D’une manière générale, La morale se retrouve partout. A l’image de la société philippine, la religion est souvent présente en filigrane. Il y a la valeur ou la morale du mois à copier et affichée un peu partout, les affiches sur tous les murs de la classe, on retrouve une morale en bas de chaque page des livres de sciences ou de mathématiques. Et encore, il s’agissait d’une école publique !

Il existe un grand nombre d’écoles privées, mais qui sont généralement trop chères pour les Philippins moyens.
Sans y avoir mis les pieds, on peut facilement imaginer que les conditions d’enseignement y sont toutes autres.
Que l’école soit publique ou privée, les élèves viennent à l’école en uniforme.

Voici comment se réalise (officiellement) le passage d’un niveau au niveau supérieur :
Récitations
(contrôle continu)
Quizzes
(contrôle continu)
Contrôles
(contrôle terminal)
Assiduité
20% de la note
25%
40%
5%

L’élève obtient ainsi une note sur 100.
S’il obtient au minimum 75/100, il passe au niveau supérieur.
S’il obtient 74 ou moins, il reste au même niveau. Si l’année suivante, il obtient toujours moins de 75, il va encore rester au même niveau. Il n’y a pas limite.

Et alors, qu’en est-il d’un élève de 20 ans qui serait encore coincé au grade IV ???
Les élèves qui ont un certain nombre d’années de retard peuvent passer un examen spécial, l’ALS (Alternative Learning System), qui leur fait terminer les grades. 
Un enfant qui est dans ce cas repassera l’ALS autant de fois qu’il le faudra pour l’obtenir.
Une fois l’ALS obtenu, l'élève a la possibilité de poursuivre des études supérieures (et c'est nouveau!).

Et alors, la notation, me direz-vous, est-elle objective ?
Quasiment 8 élèves sur 10 obtiennent « pile poil » la note de 75/100 , ce qui peut laisser planer quelques doutes... Doutes confirmés car je l'ai constaté de mes propres yeux.

Il faut dire que les professeurs sont eux-mêmes évalués sur leurs résultats, donc ils sont insidieusement incités à "gonfler" les résultats de leurs élèves.
Il existe un examen national, à la fin de l’Elementary School, avec lequel on pourrait connaître le niveau réel de l’enfant … Sauf que, si les épreuves sont nationales, c'est chaque professeur qui corrige les copies de sa propre classe... 
Du coup, certains résultats sont parfois "étonnants"!

Ceci explique comment des élèves peuvent se retrouver en High School sans savoir lire.  
Il convient de rester vigilant quant au niveau de classe "officiel" de l'élève.
Il faut savoir que le taux officiel d'alphabétisation aux Philippines est de 95%... 



différences culturelles France/Philippines



 1) La perception du temps :


1.1) France : le temps est linéaire, c’est un chemin sur lequel on avance, qui ne revient pas, un ensemble de périodes isolables.
Avant l’heure, c’est pas l’heure. Après l’heure, c’est plus l’heure !
Le temps, c’est de l’argent. (Time is money.)

Philippines: même si c’est moins flagrant qu’en Afrique, le temps est circulaire, c’est un cycle qui revient, quelque chose de souple, d’approximatif. C’est ce qu’on appelle ici le « Pinoy time » (le « temps philippin »).
Exemple : pour une réunion prévue à 9h00, les personnes n’arrivent qu’à 10h30 : l’heure n’est pas importante, c’est la réunion qui est importante.




1.2) France : les préoccupations sont autant tournées vers le passé, le présent et l’avenir.

Philippines : contrairement aux autres pays d’Asie portés sur le très long terme, les Philippines se rapprochent de beaucoup de pays d’Afrique en ayant des préoccupations centrées sur le très court terme.
Exemple : contrairement aux écureuils voisins, les Philippins gèrent peu l’argent sur le long terme et donc épargnent et investissent peu. D’une manière générale, le Philippin est plus "cigale" que  "fourmi", plus "flambeur " que gestionnaire.


2) Contexte :
France : on va droit au but, on ne « tourne pas autour du pot » quand on a quelque chose  à dire (même si c’est moins marqué que dans les pays anglo-saxons).

Philippines : comme dans beaucoup de pays d’Asie et d’Afrique, on cerne longuement la personnalité de l’interlocuteur (les "palabres": « Tu vas bien ? Tu as quel âge ? Tu es marié ? Comment va ta femme ? Et les enfants?...»), le relationnel est prépondérant, le message verbal ne vient qu’à la fin.





3) Attitude envers l’autorité :
France : distance hiérarchique relativement importante par rapport à nos voisins latins et anglo-saxons qui ont une culture plus égalitaire de ce point de vue.

Philippines : distance hiérarchique extrêmement marquée (parmi les plus importantes au monde), séparations dans la répartition du pouvoir, du savoir et de la richesse.
Les voies hiérarchiques sont bien cloisonnée et strictement  respectées, on ne s'adresse pas librement à quelqu'un de placé plus haut que nous dans la hiérarchie.
Plus encore que le sexe de la personne, l'âge est également à prendre en compte dans cette hiérarchie. Les jeunes doivent marquer un profond respect pour leurs aînés.




4) Culture individualiste ou collectiviste :
France : société individualiste, comme pour tous les autres pays occidentaux, culture du « chacun pour soi ».

Philippines : société collectiviste, il faut garder l’harmonie du groupe, on ne dit pas en groupe ce qui fâche, on évite la confrontation directe.




5) Egalité homme/femme :
La société philippine est plus « masculine » que la société française, et est comparable à la plupart des pays d’Amérique Latine. L’homme doit y être fort, s’imposer et s’intéresser à la réussite matérielle.

Le Japon est la société la plus « masculine », les pays scandinaves étant les sociétés les plus « féminines », c'est-à-dire ayant la plus grande parité hommes-femmes.
Quant à la France, même si elle est "moins pire" que les Philippines, il reste encore du chemin à parcourir...